Sel et or.

Notre livre du mois de mars sera inspiré du conte tchèque Sůl nad zlato (Le sel est plus précieux que l’or) de la célèbre autrice Božena Němcová (1820-1862), grande figure de la Renaissance nationale tchèque.

Dans sa version à elle, un roi âgé n’ayant pas de fils doit décider à laquelle de ses trois filles il va léguer son trône. Il décide alors de les mettre à l’épreuve et leur demande quelle valeur leur père a pour elles. Celle qui l’aime le plus, déclare t-il, deviendra la prochaine reine une fois mariée. La fille aînée, Agnès, déclare que son père lui est aussi cher que l’or. La deuxième fille, Ludmila, répond que son père lui est aussi cher que ses bijoux. La plus jeune, Maruschka, dit qu’il lui est aussi cher que le sel. Le roi, furieux, chasse alors Maruschka. Soudain, toutes les réserves de sel de son royaume disparaissent. Les habitants du royaume n’ont plus de goût pour la nourriture et finissent par devenir faibles et malades à cause du manque de sel. Le roi reconnaît le mal qu’il a fait à Maruschka et espère qu’elle rentrera chez elle. De son côté, Maruschka a trouvé refuge chez une vieille femme qui est en réalité une bonne fée. Auprès d’elle, elle apprend des activités paysannes et artisanales. En récompense de son service, elle ne demande modestement qu’un peu de sel à apporter à son père. À la fin, Maruschka, réconciliée avec son père et dotée d’une réserve de sel inépuisable, est couronnée reine.

On y retrouve le motif traditionnel de la jeune fille, modeste mais de sang royal, qui obtient la rédemption par les travaux ménagers et paysans et apporte la fortune à sa famille.

La plus connue des versions modernes à l’international est probablement la coproduction tchéco-allemande de Martin Hollý et Peter Kovacik (Der Salzprinz en allemand, Sůl nad zlato en tchèque et Soľ nad zlato en slovaque). Dans cette version, il s’agit d’une histoire d’amour impossible entre la jeune princesse et l’héritier du royaume souterrain. Par son travail acharné et par la force de sa volonté et de son amour, elle parvient à briser deux malédictions : celle qui frappe son propre père, dont le royaume est privé de sel par son aveuglement, et celle qui touche son aimé, transformé en statue de sel.

Une histoire que nous allons naturellement largement réinterpréter.

Le nain qui exploite la mine de sel dans notre aventure.

Les Dokkaebi (prononcez plutôt Tokêbi)

Si la pop culture coréenne s’est imposée à l’échelle mondiale ces dernières années, par les jeux vidéo, la musique (K-Pop), les séries (comme Squid Game) ou les bandes dessinées (Manhwa), la mythologie coréenne est encore assez peu connue. Pourtant, le folklore coréen est truffé de créatures et d’histoires passionnantes. Nous vous proposons de mettre en lumière les Dokkaebi, des êtres plutôt effrayants entre troll et gobelin. 

En termes simples, les Dokkaebi sont des esprits de la nature qui se manifestent sous la forme de créatures souvent couvertes de fourrure et avec de grandes dents. Dans le folklore coréen, ils ont la capacité d’interagir avec les humains et utilisent leurs pouvoirs pour les tromper. 

Ce sont d’ailleurs, comme les satyres dans la mythologie grecque, des êtres rusés qui peuvent être malfaisants par humour mal placé. Les Dokkaebi sont généralement représentés vêtus d’un hanbok, le vêtement traditionnel coréen portée lors d’occasions officielles. Il est généralement coloré et décoré de lignes simples. 

Des trolls farceurs et puissants, tantôt bienveillants tantôt maléfiques

On dit que les Dokkaebi ont un certain nombre de pouvoirs différents, allant de la capacité d’accorder la bonne fortune, comme une riche pêche ou récolte, à la punition des humains pour leurs péchés. Ils sont généralement représentés comme étant très laids, avec des visages rouges, et ont parfois des cornes et une ou deux jambes. Ils sont créés à partir d’objets inanimés, souvent banals comme un balai, qui ont été tachés de sang. Ce qui les différencie de la plupart des fantômes ou démons.

La plupart du temps, ces créatures sont considérées comme maléfiques bien que certains récits décrivent des expériences positives avec les Dokkaebi. Comme avec les Leprechaun irlandais, tout dépend de l’humeur de la créature et du comportement des humains. C’est pour cette raison qu’ils sont impliqués autant dans des cérémonies visant à apporter de bonnes récoltes, à éloigner les entités maléfiques et à apporter la fortune que dans d’autres organisées pour chasser les Dokkaebi maléfiques eux-mêmes qui sont censés être à l’origine de la malchance, des maladies et des incendies.

Une famille nombreuse et diverse

Les Dokkaebi se présentent sous de nombreuses formes, les plus courantes étant les Cham, Gae, Gaksi, Oenun et Oedari. 

Les Cham sont des trolls malicieux qui jouent des tours aux humains et se cachent en attendant de mettre en œuvre leurs plans malveillants. 

Les Gae sont des créatures maléfiques qui errent dans la nature et se nourrissent de la misère humaine.

Les Gaksi et Chonggak sont des démons mâles et femelles qui ont la capacité d’attirer et de séduire les humains, un peu comme les succubes et les incubes.

Les Oenun sont des êtres cycloptiques et gloutons qui ont la réputation de manger des quantités importantes. 

Enfin, les Oedari sont des trolls farceurs qui aiment notamment participer à la lutte coréenne.

Selon la région du pays où vous vous trouvez, vous pouvez rencontrer différents types de ces trolls coréens dont les caractéristiques et les traits varient. 

Celui de notre histoire vit à Séoul et il est heureusement plutôt sympathique !

Voici le Dokkaebi de notre prochaine histoire.
Inspiré par la description de notre nièce franco-germano-coréenne.

4 bonnes raisons de lire avec ses enfants

1 ) Pour de meilleurs résultats scolaires

Commençons par le plus évident. Lire aux jeunes enfants favorise le développement de leur cerveau et jette les bases de leur réussite future à l’école et sur le lieu de travail. Au bout du compte (ou de l’enfance), le fait de lire fréquemment à vos enfants se traduit par de meilleurs résultats scolaires. L’envie de lire ne vient pas naturellement et il est important de confronter le plus tôt possible les enfants avec une littérature adaptée qui les pousse à mobiliser leurs capacités d’analyse et de compréhension. Le livre doit être assimilé à un objet profondément positif et enrichissant et non comme une contrainte. Par exemple, les recherches montrent que les enfants à qui l’on fait la lecture plus fréquemment à l’âge de 3-5 ans obtiennent de meilleurs résultats aux contrôles scolaires à l’âge de 8-9 ans. Sans parler de leur plus grande facilité à acquérir de nouveaux savoirs car apprendre à déchiffrer un texte (parce qu’on est obligé) et savoir vraiment lire (parce qu’on aime ça) sont deux choses bien différentes. Lire vite et bien est un avantage incomparable tout au long de la vie et comme le violon ou le sport de haut niveau, mieux vaut commencer tôt.

2 ) Connaissances et compétences

Les livres contiennent des informations sur un large éventail de sujets que les jeunes enfants apprennent à connaître. Ainsi, en lisant, votre enfant est exposé à des concepts abstraits et son esprit apprend à se servir de son imaginaire pour donner corps à un monde entièrement nouveau et qui le pousse à comprendre les causes des effets et à imaginer les possibles alternatifs. La lecture d’histoires donne aux enfants l’occasion de découvrir des événements, des lieux et des choses qu’ils ne rencontrent pas dans leur vie réelle. Tout dans un livre peut servir à l’apprentissage. Sa taille et sa forme, son volume et le numéro des pages sont autant d’introductions aux mathématiques possibles que les textes le sont pour la littérature. Quel livre est plus grand ou plus petit ? Quelle est la couleur du manteau du personnage ? Quel est cet animal ? C’est une des grandes leçons que l’on apprend quand on fait de l’instruction en famille Tout mais vraiment absolument tout permet d’apprendre et ce, tout le temps. L’important, c’est de saisir ces opportunités.

Mais la lecture d’histoires aide également les enfants à développer leurs compétences en matière de résolution de problèmes et de raisonnement car les histoires incitent leur esprit à réfléchir et à déduire ce qui va se passer par la suite. C’est en cela que les livres-jeux par exemple permettent de maintenir mobilisées la capacité d’abstraction et la pensée stratégique. Les enfants doivent en effet également déterminer le but de l’histoire qu’on leur lit : y a-t-il une leçon de morale ? Est-ce juste pour rire ? Quel chemin me permet d’aller à la fin que je souhaite ? Et pourquoi ? 

3 ) Mémoire, concentration et imagination

Pour les jeunes enfants, la lecture d’une histoire par un adulte contribue à développer la concentration, l’écoute et l’imagination. Écouter des histoires lues à haute voix est un excellent moyen de stimuler l’imagination des enfants de tous âges et de faire progresser rapidement l’acquisition d’un langage riche. Comme l’écrit oralisé est souvent mieux structuré que l’oral du quotidien, l’enfant développe un sens grammatical plus poussé qu’il reproduit d’autant plus facilement qu’il lui est habituel.

La lecture à haute voix développe également d’autres compétences cognitives importantes, comme la mémoire et la concentration, chez les enfants de 2 à 5 ans. Lorsque votre enfant commence à avoir des livres d’histoires préférés et qu’il vous demande de les relire encore et encore, c’est un signe qu’il se souvient du livre et de ce qui s’y passe et que sa mémoire se développe. Les livres deviennent des éléments essentiels au monde intérieur de l’enfant qui y puise les éléments structurants pour son propre imaginaire. Autant en profiter pour lui donner un cadre le plus ludique possible car la pédagogie, disait un de mes enseignants, c’est l’art de la répétition à chaque fois réinventée. 

4) Apprivoiser l’objet livre 

Lire des livres avec vos enfants peut également être l’occasion de les aider à développer leur motricité fine, c’est-à-dire leur capacité à utiliser leurs doigts pour manipuler des objets avec précision. Toute activité qui demande de bouger les doigts aide le jeune enfant à développer sa motricité fine. Encouragez-le à vous aider à tourner les pages tandis que vous lisez. Si vous le pouvez, choisissez des livres dont les types de pages sont appropriés, pour les aider. Il faut les inciter à répéter ce geste qui nous semble à nous si simple et qui permet de naviguer avec aisance dans un document écrit. Tout naturellement, ils finiront par feuilleter tout ce qui se présentera à leur curiosité. L’autonomie commence souvent par un savoir pratique qui permet d’en acquérir d’autres.

4 Bonus) Passer du temps en famille

Enfin, n’oublions pas qu’avant toutes les bonnes raisons données ci-dessus, lire avec son enfant, c’est passer du temps ensemble, partager des histoires et des références, simplement créer du lien. Et pour ça, les livres sont parfaits !

Que coûte vraiment un livre ?

Toujours trop cher. Plus sérieusement, de quoi se compose le prix ? Une question qu’un jour chacun.e d’entre nous s’est certainement posé mais qui devient cruciale quand on commence à vouloir vivre de son travail. Le prix est particulièrement compliqué à définir pour les “marchandises” de l’esprit que sont les œuvres d’art, les livres ou la musique. Prenons le cas concret d’un livre puisque c’est ce qui nous intéresse ici. 

Le plus simple en premier : combien coûte la fabrication d’un livre ? Le coût se compose des droits d’auteurs, des coûts de fabrication, de diffusion, de marketing et éventuellement d’éditeur ou de distributeur. La marge de manœuvre dans la définition du prix final ne peut souvent être ajustée que sur le revenu de l’auteur et le budget marketing. Plus un ouvrage se vend, plus cette marge peut être réduite en profitant de la dynamique propre de votre livre. Autrement dit, plus un livre se vend, plus il a tendance à se vendre davantage et donc, plus il est possible de réduire le prix tout en augmentant dans l’absolu le bénéfice. Pourquoi ? Parce que la valeur d’une heure investie est directement dépendante du volume d’ouvrages vendus et non de la valeur absolue du livre. 

Escalader la face nord du Mont-Smic.

Si l’on voulait prendre comme maître étalon le Smic (actuellement à 10,57 € de l’heure), il faudrait donc vendre un nombre de livres qui permet de rentabiliser le temps passé en heures à le fabriquer (écriture, relecture, correction, mise en page, etc.). Par exemple :  Je veux vendre un livre sur lequel j’ai passé disons 1000 heures pour un volume de 400 pages. Admettons que je n’en vende qu’un, il faudrait qu’il coûte : (1000 x 10.57)+(tous les autres frais). Si c’est un livre standard, en noir et blanc sur du papier de bonne qualité et en format broché, cela me coûterait sur KdP 0,60 € pour le livre et 0,012 € par page soit 5,40 € par livre (je vous laisse imaginer le coût d’un livre sur papier glacé et en couleur). S’ajoute à cela la part que prélève Amazon pour vous donner accès à la plateforme de vente, la TVA et les coûts publicitaires (disons 30 €, soit 1 euro par jour pendant un mois de publicité) qui dépendent du nombre de clics et qui sont donc variables.

Si je vends mon livre 11000 €, pas de problème, je suis rentable dès le premier. Mais ne rêvons pas, il va falloir en vendre plus. La deuxième question qui vient compléter la première est donc la suivante : combien d’exemplaires peut-on espérer vendre en autoédition ? Soyons honnêtes, 100, c’est un bon début, 300, c’est correct, au dessus de 1000, vous pouvez être vraiment content et plus de 4000, vous pouvez sabrer le champagne, vous avez atteint la moyenne française du nombre d’exemplaires vendus par livre/auteur. Admettons que nous nous fixons la barre symbolique des 4000 ouvrages. Il faudrait donc, dans notre objectif initial de rentabiliser notre livre au SMIC-horaire, que le livre dégage de fait 10570 : 4000 = 2.64 € de droit d’auteur par livre. Ajoutons à cela les 5.40 € d’impression et le marketing, soit en gros 10 € par livre. Le problème, c’est qu’un auteur débutant sera plus proche des 400 que des 4000 et il devrait logiquement vendre son livre 30 €. Mais qui va acheter le livre d’un inconnu 30€ ? Personne. Vos ventes se réduisent davantage et le prix de votre livre devrait alors mécaniquement croître.  Juste à côté, le grand auteur Machin vend le sien moins cher alors qu’il profite en plus d’une couverture médiatique et publicitaire incomparable. Donc s’il vend son livre 10 €, vous ne pourrez déjà pas demander plus parce que le lecteur-consommateur va nécessairement tracer mentalement une limite pour définir ce qu’est, à son sens, la valeur de l’objet-livre. Bref, si le prix moyen des livres qui visent un public similaire est de 10€ , alors vous n’aurez d’autre choix que de vous y conformer. Il faut alors changer de stratégie en maintenant la vente de votre livre sur une période plus longue. 

Le lièvre et la tortue

Heureusement, l’impression à la demande et les plateformes internet viennent au secours des petits auteurs. Car l’autre problème que l’on rencontre rapidement, c’est qu’un libraire n’a pas beaucoup de place et énormément de trafic. Pour vous donner un ordre d’idée, on vend par an 436.700.000 exemplaires de livres et on en envoie 142.000.000 au pilon. La durée de vie d’un ouvrage moyen est de 6 mois. Vendre 4000 livres en 6 mois, cela correspond à 22 exemplaires vendus par jour. Alors que si vous vendez votre livre sur une plateforme en impression à la demande, il peut rester bien plus longtemps et donc abaisser l’horizon de vente journalier. Seul le coût marketing continuera d’éroder votre marge jusqu’à le rendre, un jour, définitivement non rentable. Sauf à arrêter toute promotion et le rendre invisible. Notre exemple se limitait à UN ouvrage et vous allez voir comment augmenter la production peut permettre de sortir partiellement de cette ornière.

Écrire pour vendre ou par plaisir ?

Premier constat : un Smic, même en six mois, est insuffisant pour survivre. Le seuil de pauvreté, c’est environ 1000 euros mensuel soit 12000 par an. Pour exemple, il existerait en France peu ou prou 100 000 auteurs, dont seule une poignée (5% environ) possèdent des revenus à déclarer. Sur les quelques milliers qui sont effectivement déclarés en auteurs-créateurs pour leurs bénéfices non commerciaux, 30 % ont moins de 10 000 € par an. 50 % gagnent entre 10 et 30 000 €.  Ajoutons à cela la pression d’une concurrence de plus en plus forte (200% d’auto-édités de plus en 5 ans) pour parfaire un tableau peu engageant. 

La solution est de proposer régulièrement des livres sans se soucier dans un premier temps de leur rentabilité immédiate mais de profiter de la croissance de votre marque pour faire des économies d’échelle sur votre budget marketing et déclencher une dynamique de vente suffisante. Des lecteurs qui mettent un commentaire positif vous rendent alors un service formidable. Ce sont eux qui vont vous permettre de rester visible. L’écriture est finalement assez proche de l’artisanat et franchement éloignée des rêveries glamour que l’on retrouve, paradoxalement, dans la littérature. L’auteur qui écrit un unique roman qui doit le rendre riche et célèbre, disons-le clairement, a autant de chance de parvenir à son but que celui qui joue au Loto.  Heureusement, être auteur est souvent une passion. Malheureusement, ce n’est généralement qu’une activité annexe. Qui peut, cependant, à long terme et dans le meilleur des cas, permettre de réduire celle que vous faites pour des raisons purement alimentaires et un jour, qui sait, la remplacer. Voilà pour l’objectif “raisonnable”. L’important c’est de se souvenir que l’on écrit d’abord pour le plaisir de partager et celui de faire passer un peu de bon temps à nos contemporains. Car le capitalisme, c’est assez triste finalement.

Dans notre cas, nos “droits d’auteur” s’élèvent à un peu moins de 20 centimes par ouvrage vendu. Poétiquement, cela représente un café partagé avec vous tous les dix livres vendus.

Et pour cela, un grand merci !

Des livres en plusieurs langues

Pour faire découvrir nos livres-jeux au plus grand nombre d’enfants, nous avons choisi de les décliner en plusieurs langues. Pour le moment, vous trouverez des versions en français et en allemand car ce sont les langues que nous parlons quotidiennement.

Une même histoire dans deux langues peut aider à l’apprentissage d’une langue étrangère ou être un support intéressant pour les familles bilingues.

Nous travaillons à la publication de versions en anglais et en coréen. Et peut-être que dans le futur, d’autres langues viendront s’ajouter !

N’hésitez pas à nous faire part de vos envies !

Derrière l’Atelier Thipic : François Thirion

Comme c’est à mon tour de me présenter, je vais emboîter le pas d’Adèle et parler diplômes et études. Pendant mes années de licence et de master, j’ai enseigné en parallèle l’allemand dans plusieurs écoles primaires. Puis, une fois l’agrégation en poche, j’ai obtenu une bourse nationale pour préparer ma thèse tout en enseignant à l’université. C’est là que j’ai pu monter un projet de stages-enseignement en collaboration avec la directrice de l’école primaire des Ardriers, Mme Domaine (que je salue très chaleureusement). Grâce à ce projet, les étudiants pouvaient découvrir l’enseignement et les enfants se voyaient offrir des cours d’allemand. Durant les onze ans qu’a duré cette expérience, j’ai ainsi pu mettre à l’épreuve différentes méthodes pédagogiques avec des retours permanents des collègues du primaire, des enfants et des étudiants, ce qui fut incroyablement enrichissant. Le projet fut malheureusement arrêté, faute de moyens. Quoi qu’il en soit, j’en garde un excellent souvenir et quand nous avons commencé à parler Adèle et moi de mettre sur pied une petite série de livres pour enfants, abordable et pédagogique, j’ai été enthousiasmé de pouvoir mettre à profit l’expérience accumulée dans le primaire. Comme je suis, depuis que je sais lire, un grand fan des Livres dont vous êtes le héros, et que j’adore dessiner, le format m’a d’autant plus convaincu. 

J’espère sincèrement que vous ferez partie de cette petite aventure littéraire et j’attends avec impatience les retours et suggestions pour faire des livres “Comme je le veux” une série dont nous serons tous les auteurs.

Derrière l’Atelier Thipic : Adèle Picard-Thirion

Si je dois me présenter, je peux vous parler de mes diplômes. Je suis en effet titulaire d’un master en littérature générale et comparée. Mes mémoires de 1ère et 2ème années traitaient plus particulièrement de littérature médiévale française et allemande ( le Roman de Renart et la Nef des fous). Mais je peux aussi et surtout vous parler de mes passions. Depuis le début de mon adolescence, je rêve d’illustrer et d’écrire des livres pour les enfants. Les mondes imaginaires (ou non) offerts aux plus jeunes par des milliers d’artistes sont autant de portes d’entrée dans la littérature et le plaisir de la lecture. Les beaux livres font toujours les meilleurs cadeaux !

En première année de licence, je me suis rendue au salon du livre pour la jeunesse de Montreuil et j’ai pu rencontrer et interroger des illustratrices et des illustrateurs et encore à cette époque, je pensais à mon désir de me lancer dans l’aventure créative. Mais les études et le temps qui passe souvent trop vite m’ont éloignée de ce projet.

Mais voilà, près de 10 ans sont passés depuis la fin de mes études, 10 ans pendant lesquels j’ai continué de gribouiller par ici et par là sans aller plus loin. Et puis, en 2021, je me suis dit : « Et pourquoi pas finalement ?  » C’est comme ça qu’avec mon mari et partner in crime, j’ai lancé l’Atelier Thipic et la collection de livres- jeux « Comme je le veux ». Je reconnecte ainsi avec mon souhait de toujours en me lançant dans la conception de livres pour la jeunesse.

Des livres-jeux ?

Beaucoup d’adultes d’aujourd’hui ont connu enfants les collections de  » livres dont vous êtes le héros  » dans lesquels le lecteur devait faire des choix pour faire progresser l’histoire.

Nous voulions reproduire cette expérience en créant des livres similaires mais adaptés aux plus jeunes. C’est ainsi que nous avons créé la collection  » Comme je le veux  » qui propose des histoires relativement courtes aux multiples fins et que les enfants peuvent suivre seuls ou avec un adulte.

Pour aider les jeunes lecteurs dans leur découverte de l’histoire, nous avons choisi d’utiliser un code couleur pour distinguer les différents sons (sons voyelle, sons consonnes, lettres muettes).

Ce code couleur associé au jeu permet à l’enfant de rester motivé dans son apprentissage.

Quelles histoires ?

Dans la collection sont déjà parues des adaptations de contes connus dont nous avons extrait les fins trop difficiles (mort, pauvreté…) pour les remplacer par des boucles narratives plus motivantes et/ou plus drôles.

Plusieurs ouvrages sont d’ors et déjà en préparation et ouvriront les lecteurs à des contes d’autres zones culturelles, mais toujours dans le jeu et la bonne humeur !

Pour quel âge ?

Comme dit plus haut, nos livres sont principalement à destination des enfants qui sont dans l’apprentissage de la lecture. Mais comme tout livre, ils peuvent être lus par des adultes à des enfants plus jeunes ou par des enfants plus grands qui n’ont plus besoin d’aide.

L’important, c’est de s’amuser !